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bonjour. je pense que j'arrive trop tard pour l'anniversaire de reine marie puisque c'était en décembre. et
Par Anonyme, le 01.02.2026
bonjour, sur votre photo, j'ai retrouvé reine lardeur. je lui fais une surprise pour son anniversaire. pourrie
Par Anonyme, le 14.09.2025
bonjour je suis la fille de patrick tanfin et c'est grand parents vivez à attin dans le pas de calais j'aurais
Par Anonyme, le 20.07.2025
j ai 50 ans et eu la chance de voir abel
travailler avec ses chevaux. sa ferme était juste a côté de la ferm
Par Anonyme, le 27.04.2025
https://fr.wik iloc.com/itine raires-randonn ee/ceinture-de -boulogne-sur- mer-66002595
Par Anonyme, le 17.08.2024
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Date de création : 12.04.2008
Dernière mise à jour :
07.12.2014
2794 articles
Samedi 22 septembre : direction la capitale de l’Audomarois, une destination toute proche de Febvin-Palfart, qui fait d’ailleurs partie de l’arrondissement de Saint-Omer, mais à l’extrémité de ce territoire.
Saint-Omer, une ville que j’adore et que je vous invite à découvrir tant elle regorge de richesses et de perles aussi bien d’un point de vue architectural que d’un point de vue naturel.
Ce sont ces différents sites que j’ai tentés de relier en traçant très rapidement (trop vite même !) un parcours avec l’eau comme fil conducteur.
Cet itinéraire, ayant été tracé avec précipitation, ne me convient pas entièrement car il comporte quelques longues portions de macadam inévitables pour passer d’un site à l’autre afin de (re)découvrir toutes les richesses de la région de Saint-Omer qui ont fait resurgir beaucoup de souvenirs de ces 25 dernières années. Beaucoup d’endroits ont été volontairement shuntés car il aurait fallu doubler la distance pour tout voir. Mais cela m’a permis de me donner une première base de travail pour affiner par la suite d’autres parcours, car, c’est certain, je reviendrai y courir.
Saint-Omer, au carrefour de l’Europe entre la Belgique et l’Angleterre, à la croisée des routes vers les plages de la Côte d’Opale, jouit d’un emplacement stratégique, ce qui en fait d’ailleurs depuis le passé une ville de commerce.
Entre l’Artois qui vient mourir ici avec des collines ondulées et la Flandre Maritime et sa grande plaine, s’étend un joyau, un lieu unique, le marais Audomarois, une véritable mosaïque de terre et d’eau intimement mêlées, un endroit construit dès le Moyen-âge par le travail acharné de l’Homme ou plutôt des hommes, les moines de l’Abbaye Saint-Bertin de Saint-Omer. Rien d’étonnant que ce magnifique marais Audomarois soit à la conquête de sa renommée avec la recherche de sa reconnaissance au Patrimoine Mondial de l’UNESCO.
Autant dire que l’eau est omniprésente dans l’Audomarois, et c’est donc au fil de l’eau que je vous invite à découvrir ce territoire, depuis les canaux jusqu’au marais Audomarois en passant par la forêt de Clairmarais, où, vous le verrez, l’eau est aussi bien présente.
Vers 15h30, après quelques heures de shopping, je laissai la voiture sur le Quai du Commerce, à deux pas de la Gare de Saint-Omer. Immédiatement, je fus immergé dans le décor, avec face à moi, le canal de Neuffossé sur lequel glissaient les avirons actionnés par des équipes féminines et masculines qui m’impressionnèrent par la manœuvre de leur « véhicule » avec une facilité déconcertante.
En direction d’Arques, je commençai par longer la rive pavée du canal de Neuffossé qui fut creusé pour relier la Lys et l’Aa. Ce canal présentant un dénivelé de plus de 13m nécessita la construction d’une écluse à 5 sas, au niveau d’Arques, qui fut par la suite remplacée par le fameux ascenseur à bateaux des Fontinettes (que j’aurais bien aimé inclure dans mon périple mais c’eût été trop le rallonger), qui fut lui-même remplacé par une écluse géante (que j’avais eu l’occasion de passer en bateau).
Je me retrouvai sur le chemin de halage avec à gauche le canal de Neuffossé et à droite la Haute Meldyck qui était ni plus ni moins qu’un des bras de l’Aa après sa séparation en amont, dans la commune de Blendecques.
Je continuai tranquillement sur environ 3km, ne rencontrant que quelques pêcheurs et kayakistes.
Je bifurquai sur la gauche pour emprunter le pont-levis et passer au-dessus du canal de Neuffossé mais aussi de la Basse Meldyck, deuxième bras de l’Aa et je me retrouvai face au Grand Vannage, l’une des plus anciennes maisons d’Arques, actuellement la Maison du Parc Naturel Régional des Caps et Marais d’Opale.
Ses arches arrondis adoucissent harmonieusement la façade de cette belle bâtisse en briques rouges. Ce Grand Vannage, datant de la fin du 18ème siècle, à l’aide de ses vannes, régulait (et régule encore) le niveau de la Basse Meldyck tandis que le Petit Vannage accolé au Grand contrôlait les eaux jusqu’au marais.
Je poursuivis mon chemin sur le chemin de halage entre à gauche la Basse Meldyck et à droite la Déviation de Saint-Omer du canal de Neuffossé. Je parvins au niveau de l’écluse de Flandres, je poursuivis tout droit jusqu’au pont de chemin de fer, et encore un peu plus loin jusqu’au moment où mon GPS m’indiqua de tourner à droite.
Bizarre ! Pas le moindre pont et pas question de traverser à la nage !
La carte IGN de l’époque indiquait pourtant un pont. Peut-être a-t-il tout simplement été supprimé lors des travaux de surélévation des ponts pour le futur canal Seine-Nord ???
Demi-tour jusqu’à l’écluse de Flandres, je grimpai les marches et passai sur l’autre rive pour suivre un étroit chemin bordé de haies.
Ainsi, je parvins au niveau du port de plaisance de la ville d'Arques où régnait une certaine animation.
Un petit bout de chemin sur une ancienne voie ferrée en longeant le fond du port de plaisance. Je coupai la voie ferrée et parvins au niveau de l’étang de Beauséjour, en passant sur une espèce de digue herbeuse coupant l’étang en son plein milieu.
En cette belle journée d’automne, nombreux étaient les pêcheurs mais surtout des familles complètes avec les enfants s’initiant à la pêche. Cet étang était une ballastière, un lieu où l’on extrayait les cailloux pour en faire le lit qui supporterait une voie de chemin de fer, comme celle passant à proximité.
Sur les eaux de cet étang glissaient une colonie de cygnes, plus gracieux les uns que les autres. Je zigzaguai entre les pêcheurs et passai à proximité du camping d’Arques où une journée santé-sport battait son plein avec de nombreux stands découverte d’activités variées telles que tir, sarbacane, gym, danse, zumba.
Bref pas de quoi s’ennuyer, le tout en musique. Parmi tout ce petit monde, un trailer jouait l’incruste, sous les yeux surpris des participants.
Quelques centaines de mètres plus loin, j’atteignis les rives d’un deuxième étang, celui de Malhôve, un étang légèrement plus grand que le précédent mais plus sauvage.
J’en fis le tour, en commençant par la partie la plus facile d’accès avant de tomber à l’extrémité, envahie par les roseaux. Je m’engageai dans un semblant de chemin avant d’en faire demi-tour, d’en trouver un autre à peine défriché, bordé par quelques fils de fer barbelé. Je parvins dans un immense pâturage fauché sur l’autre rive de l’étang de Malhôve, probablement privé, ce qui me valut une petite accélération.
De ce côté, l’étang était bordé de quelques huttes que les propriétaires cherchaient à masquer sous quelques végétations naturelles et/ou artificielles.
Ce site naturel protégé était empreint d’une grande quiétude. Seuls les cris de canards effarouchés perturbèrent ce silence très appréciable. Des cygnes majestueux occupaient la surface de l’étang.
Je me trouvai ici en limite avec la forêt de Rihoult-Clairmarais qui était mon prochain objectif. Au lieu-dit « Le Rossignol » au 10ème km, je suivis un chemin longeant la forêt avant d’y pénétrer.
Ah quel changement de décor !
L’origine du nom « Rihoult » proviendrait de « Hoult », signifiant bois en Flamand et « Ri » peut-être un cours d’eau ou le relief de la forêt tandis que « Clairmarais » évoquerait la quantité d’eau importante sur le site. En effet, j’étais loin de m’imaginer que l'endroit était aussi humide et qu’il y avait du dénivelé au cœur de cette forêt, surtout avec la proximité d'un marais.
La forêt s’étendait sur 1200 hectares, je suivis dans un premier temps un long sentier tout rectiligne bordant une portion plantée de très nombreux résineux créant sous ce couvert un sous-bois à l’ombre intense où la lumière pénétrait à peine. Les fougères aux longues frondes commençaient à prendre des teintes roussâtres me rappelant que nous venions d’entrer dans l’automne.
J’arrivai à un carrefour sur la route forestière où circulaient des voitures, encore une longue ligne droite avant d’arriver au niveau du lac d’Harchelles.
Encore un endroit que je n’avais jamais pris le temps de découvrir et pourtant il méritait le détour, la raison pour laquelle les promeneurs étaient en nombre important en ce magnifique jour. Mon intention était d’en faire le tour, environ un kilomètre.
Cela ne me prit pas beaucoup de temps. De nombreux pêcheurs étaient installés sur les bords de cette ancienne tourbière qui fut exploitée dès le 9ème siècle par les moines de l’abbaye cistercienne de Clairmarais pour en extraire le combustible.
La lumière était douce et le bleu limpide du ciel se reflétait en frémissant à la surface de l’eau en cette fin d’après-midi. Cerné de ces hectares de bois, bordés de jeunes aulnes glutineux et de roseaux, cet étang d’Harchelles était un véritable paradis pour la faune et pour les pêcheurs.
Je décidai de poursuivre la découverte de cette forêt en m’éloignant des chemins battus, prenant des sentiers menant parfois nulle part, d’autres fois, ma curiosité fut telle que je tombai sur d’autres petits étangs ou des cuvettes où l’eau stagnait.
Les squelettes des troncs morts toujours dressés, les fragments pourris des branches concourraient à créer une étrange ambiance, proche de la désolation.
Je m’aperçus alors du relief de cette forêt, quelques buttes à monter et à descendre, mais pas de quoi souffrir d’autant que ce seraient les seules parties légèrement vallonnées de l’ensemble du parcours.
Je retombai à l’entrée de l’étang d’Harchelles et pris la longue route forestière menant jusqu’au centre de Clairmarais.
Je fis un petit détour pour admirer la ferme de l’abbaye, et l’une des dernières traces de chapelle de l’abbaye cistercienne (qui en comptait seize) qui fut fondée en 1140 par Bernard de Clairvaux (Saint-Bernard) mais malheureusement détruite à la Révolution Française.
Je fis un petit détour pour admirer la ferme de l’abbaye, et l’une des dernières traces de chapelle de l’abbaye cistercienne (qui en comptait seize) qui fut fondée en 1140 par Bernard de Clairvaux (Saint-Bernard) mais malheureusement détruite à la Révolution Française.
Après une traversée succincte de Clairmarais, j’arrivai à la Grange Nature, point de départ de la découverte du marais, ce lieu unique, résultat du patient travail des hommes, qui réussirent à faire surgir de l’eau des terres fertiles.
Les moines, toujours eux, furent à l’origine de ce réseau de voies d’eau, ils creusèrent des fossés dès le Moyen-âge, pour drainer ce delta de l’Aa, inhospitalier à son origine, et créèrent ces longues bandes de terres, une victoire sur l’eau afin de développer le maraîchage mais aussi d’extraire la tourbe, combustible de l’époque.
Cela aboutit au quadrillage ce territoire, des parcelles de terres entourées de voies d’eau, les watergangs.
Ce marais Audomarois occupe aujourd’hui 3 600 hectares à cheval sur les départements du Pas-de-Calais et du Nord traversés par 700 km de voies d’eau et de canaux dont 170 km navigables.
Autant dire que la meilleure façon de découvrir ce site unique se fait au moyen d’un bateau, ou peut-être même d’une bacôve (bateau à fond plat) de plus grande taille, utilisée par les maraîchers pour le transport des tracteurs, des bêtes et surtout des légumes cultivés dans le marais ou encore à bord d’une escute, plus petite et plus légère, donc plus maniable, utilisée pour les déplacements des populations. Au cours de mon cheminement dans ce marais, j’eus l’occasion de voir ces bateaux traditionnels fabriqués en chêne de la région - la forêt de Rihoult-Clairmarais en étant la grande pourvoyeuse - circulant sur les eaux ou garées sous un abri.
De la Grange Nature, plusieurs parcours permettaient la découverte de cette réserve naturelle. Je choisis de prendre la GR 128 en longeant un watergang. Immédiatement, je fus transporté dans cette étonnante mosaïque où eau et terres étaient étroitement intriquées. Même si le chou-fleur était le légume roi de ce terroir, bien d’autres poussaient sur ces langues de terres, toutes les espèces de choux, les endives, les carottes de Tilques, les poireaux mais aussi l’artichaut différent de celui rencontré en Bretagne.
Je suivis un moment la rivière de Booneghem, découvrant les premières serres mais aussi les premiers champs de cultures et apercevant au passage, au loin, la tour d’un ancien moulin (à vent ?), rien d’étonnant à cela, sachant que la Flandre commençait ici.
A moins qu’il ne s’agisse tout simplement des fameux moulins édifiés par le passé afin de maîtriser le contrôle des eaux dans cette cuvette de l’Audomarois, des moulins de pompage.
A moins de disposer d’une embarcation, le presque seul moyen de passer d’une rive à l’autre, c’était d’emprunter des passerelles à l’image de celle-ci, certes un peu rouillée mais sans risques. J’empruntais les étroits chemins en bordure de l’eau, bordés de haies d’aubépines, des chemins privés mais dont le passage était autorisé, découvrant par-ci, par-là une ferme, une habitation, à l’architecture typique, de petites masures basses, où le mélange de briques, de planches à clins peintes en noir, de tuiles rouges avaient fière allure et méritaient leur intérêt et l’engouement pour leur rénovation.
A moins de disposer d’une embarcation, le presque seul moyen de passer d’une rive à l’autre, c’était d’emprunter des passerelles à l’image de celle-ci, certes un peu rouillée mais sans risques.
Cheminant au fil de l’eau, je m’émerveillai du décor dans lequel j’évoluais, de ce petit monde isolé, accessible par voie d’eau ces maisons pittoresques aux petites cours tournées vers les eaux, cette végétation typique des milieux humides, comme les roseaux et leurs quenouilles, les saules têtards dont les frêles branches formaient un volumineux bouquet.
Par endroits, l’eau était rendue invisible par la nappe de lentilles d’eau. Seuls le passage des barques ou le déplacement des poules d’eau ou des canards venaient briser le calme apparent de ces eaux lisses.
Et pourtant, sous cette couche protectrice, une vie grouillait.
Je quittai le marais et retrouvai de petites routes en direction de Nieurlet que je ne fis qu’effleurer car très vite, je bifurquai pour entrer à nouveau dans le marais en passant un premier pont pour me retrouver dans le marais de Booneghem.
Lors de mes premiers pas dans ce marais, je découvris de vastes prairies humides où poussaient peupliers et saules, et dans lesquelles les agriculteurs du coin élevaient leur troupeau de bovins.
Après ce passage, les étangs refirent leur apparition bordés de pâtures aux grosses touffes de carex.
A noter encore la présence de nombreux cygnes blancs, ces oiseaux qui causèrent quelques problèmes. Je me souvins alors, il y a quelques années, de leur présence par centaines dans le marais de Salperwick, non loin de Saint-Momelin, s’attaquant aux feuilles des choux-fleurs.
Je parvins au niveau du bac à chaîne, autre moyen de traverser les voies d’eau, un « transport » traditionnel du marais Audomarois, et toujours une grande partie de fous rires, surtout quand il s’agissait de faire passer un grand nombre de randonneurs comme ce fut le cas.
En effet, devant moi un grand groupe de randonneurs effectuaient la traversée. Les femmes et les enfants d’abord ! Ce fut le cas, les hommes, en galants personnages, laissèrent passer leurs conjoints, un bac de femmes. Et miracle, rien ne se passa ou justement si, tout se passa comme il le fallait.
Les hommes, connus pour être plus légers que la gente féminine, m’invitèrent à me joindre à leur traversée. Pensant dans un premier temps rester debout, un homme me proposa une place assise à ses côtés.
Lorsque je me fus assis, le bac s’inclina dangereusement, sous les rires et/ou les moqueries des femmes. Rapidement je rejoignis l’autre côté afin d’équilibrer l’embarcation.
Un volontaire s’était proposé de tirer la chaîne reliant le bac à la berge afin de nous ramener sur terre.
Laissant le groupe, je continuai ma route pour entrer dans la réserve naturelle nationale des étangs du Romelaëre.
Même si je connaissais le lieu, j’aimais y revenir.
Les étangs du Romelaëre, s’étendant sur plus de 60 hectares, étaient issus de l’extraction de la tourbe.
Je cheminai sur ces lieux courant sur le plancher en chêne clouté aménagé sur toute la longueur du parcours, laissant découvrir de belles vues sur les étendues d’eaux, ces eaux qui attiraient de nombreux oiseaux leur offrant un habitat de choix et un espace d’accueil pour les nombreux migrateurs.
Je traversai des endroits où la vue était complètement bouchée par des herbes folles mais surtout par les roselières qui bordaient ces étangs.
Ces roseaux de grande hauteur assurant le lien entre l’eau et la terre, me dépassaient d’une bonne tête.
Un calme incomparable m’entourait. Seuls le frémissement des longues feuilles acérées des roseaux avec leurs quenouilles charnues, les cris aigus des poules d’eau effarouchées, l’envol lourd du héron gris, bien malhabile, vinrent suspendre ce moment de rêverie.
Au milieu de tous ces chemins d’eau, j’admirai la beauté du paysage et découvris un autre moulin de pompage.
Je poussai une pointe jusqu’à l’extrémité de l’étang se terminant en cul-de-sac par un espace d’observation. Sur des piquets plantés au centre de l’étang étaient juchés un couple de cormorans.
Je repris le chemin en sens inverse jusqu’à une bifurcation pour trouver le sentier du retour vers la grange Nature. La lumière changea, le soleil commençait à baisser tout comme la température. Une petite fraîcheur au bord de l’eau se manifesta.
Et une nouvelle traversée en bac à chaîne m’attendait. Cette fois, une traversée en solitaire…
Sur ces eaux flottaient quelques nénuphars au milieu desquels vivait un monde étrange et envoûtant. Les branches de saules pleuraient comme une vieille chevelure de sorcières. Ah tout cela me rappelait la bon vieille sorcière Marie Groëtte et sa célèbre légende. Mais qui était cette Marie Groëtte ? La légende disait qu’une vilaine sorcière hantait le marais Audomarois, attirant les enfants s’approchant trop près du bord de l’eau, pour les entraîner dans la vase et les roseaux à l’aide de son outil « le groët », en patois, un croc avec des dents recourbées utilisé par les maraîchers pour arracher les pommes de terre. D’où le nom de Marie Groëtte en allusion à ses doigts crochus. « Marie Groëtte saque les éfants, au fond ed’l’iau, aveucque sin groët qu’alle a toudis din s’main ».
Une autre légende disait que cette sorcière des marais avait été imaginée par les jeunes filles très coquettes qui s’amusaient à se mirer dans les eaux de l’étang qui leur renvoyaient une image déformée et si affreuse qu’elles ne se reconnaissaient pas. Elles crûrent alors qu’une sorcière rôdait sous l’eau.
Même pas peur de Marie-Groëtte !
Je retrouvai la Grange Nature et ne trouvai pas d’autre moyen de regagner Saint-Omer que de repasser par le centre de Clairmarais et de prendre la route le long de laquelle les petits maraîchers vendaient leurs productions à des prix défiant toute concurrence. Incroyable, le chou-fleur à 0,50 € alors que dans le grand centre commercial à 2 km, on le trouvait à au moins 2 € (c’était ma petite minute de révolte !).
Juste avant d’entrer dans le Faubourg de Lysel et juste après avoir franchi le pont surplombant la Déviation de Saint-Omer du canal de Neuffossé, je descendis pour courir le long dudit canal, passant non loin du marais de la Princesse et de l’Ile Sainte-Marie, découvrant de petits jardinets bien proprets mais plus haut et plus loin les différents clochers de la ville de Saint-Omer.
Je continuai en évitant d’aller jusqu’à la pointe de ce quartier où se rejoignaient les deux bras du canal de Neuffossé, préférant entrer dans le quartier du Doulac, l’une des portes d’entrée vers le marais où l’accès aux petites maisons se faisait par des passerelles enjambant les canaux avec face à l’eau de beaux jardins bien fleuris.
J’avais hâte d’en finir car peu couvert, je ressentis la fraîcheur du soir automnal et surtout, j’avais déjà parcouru plus de 31km. Mais il me restait un quartier incontournable de Saint-Omer à redécouvrir, ce fameux Faubourg du Haut-ont et la place de la Ghière.
En passant dans ces ruelles, je tombai sur une colonie d’oisillons.
J’arrivai sur la Quai du Haut-Pont, dans la rue des Faiseurs de bateaux en témoignage de cette activité.
J’admirai encore et toujours l’alignement de ces maisons dans ce quartier du Haut-Pont, des maisons collées les unes aux autres, se reflétant dans le canal du Haut-Pont, celui qui me faisait frémir pendant très longtemps, lorsque j’étais gamin, et que nous circulions entre Febvin et la Flandre Maritime (cette peur de verser au canal et qui me revient en tête à chaque nouveau passage !).
J’avais appris, lors d’une rando-découverte de ce quartier, que l’on pouvait aisément distinguer les maisons appartenant aux journaliers, employés agricoles dans le maraîchage qui étaient plus petites que celles des propriétaires qui, elles, disposaient souvent d’une porte-cochère, ouvrant sur les jardins situés à l’arrière des maisons et s’ouvrant sur le marais.
Je parvins au niveau de la place de la Ghière dominée par l’église de l’Immaculée Conception de style néogothique qui penchait d’un côté en raison du sol marécageux.
Je retrouvai le Quai du Commerce et la voiture au bout d’environ 34km. Mais je ne pouvais en rester là. Il fallait que j’aille jusqu’aux ruines de l’abbaye et l’enclos de Saint-Bertin, à quelques centaines de mètres. Et c’était reparti pour quelques foulées d’un parcours urbain, flânant dans les rues de la capitale de l’Audomarois, découvrant quelques uns de ses beaux hôtels particuliers, ces maisons construites en briques de la couleur jaune du sable dont elle était constituée.
J’arrivai enfin devant ces ruines majestueuses, superbement bien conservées donnant une idée de cette abbaye fondée au 7ème siècle par Omer et ses compagnons venus évangéliser la région.
De beaux restes de cet édifice gothique derrière la statue de Suger, qui, au 11ème siècle, aida l’abbaye de Saint-Bertin et contribua à la construction de celle de Clairmarais.
L’heure était venue de rejoindre le Quai du Commerce, je fis pour cela un dernier petit détour au fil de l’eau et terminai cette belle balade (mais de grosses modifications seraient à apporter pour éviter les grands axes de la forêt de Clairmarais et quelques autres portions de macadam) en 2h 54 min pour 35,90 km avec un petit dénivelé de 300m.
je savais qu'il faisait toujours beau dans le nord, parce que j'y vis, mais votre reportage me confirme que je ne rêve pas. bonne soirée.http://semellesdevent.centerblog.net
Bah oui qu'il fait toujours beau chez nous !!!!!!http://chlinfernal.centerblog.net
c'est chez moi et j'aime mon marais , c'est avec beaucoup d'émotions que j'ai lu votre reportage. merci de partager vos ballades.je suis né et vécu à clairmarais avec mes parents,où mes grands parents et parents avaient des terres;j'ai cette région ,et souvent je vais m'y ressourcer,car j'habite une ville,mon rêve avoir une barque afin de nouveau naviguer au milieu de ces marais;,un vrai petit paradisEcrire un commentaire