Febvin-Palfart : mon village
Publié le 10/06/2009 à 22:06 par chlinfernal
Suite à un message de Bouchaib DJIKHY, et suite et parallèlement aux articles que j’avais écrit sur le massacre des 32 soldats Marocains en mai 1940 par les Allemands, à Febvin-Palfart, dans le vallon de la Méroise, ce dernier m’a demandé de bien vouloir insérer dans le blog un document relatif aux combats menés par son père Marocain lors de la Seconde guerre Mondiale. Quelques jours après les commémorations du 65ème anniversaire du débarquement sur les plages normandes, il était intéressant de rappeler que la Seconde Guerre mondiale n’avait pas été gagnée uniquement par le sacrifice des soldats de l’U.S. Army. A l’instar de milliers de combattants civils, des milliers de combattants étrangers ont permis de combattre l’ennemi. Page 1 du document.
Publié le 10/06/2009 à 22:04 par chlinfernal
Dès le 3 septembre 1939, répondant à l'appel du sultan Mohammed Ben Youssef, futur Mohammed V, à se porter volontaires, près de 90 000 soldats marocains, dont certains étaient encore très jeunes, tirailleurs, goumiers et spahis, se sont retrouvés sur les champs de bataille et ont combattu au côté de la France contre l'Allemagne nazie. Comme ce sultan était très vénéré et écouté, son appel fut donc massivement suivi.
Tout comme leurs alliés, ils ont fait preuve d’un courage, d’un savoir-faire et d’une ténacité exemplaires.
Les documents publiés concernent une citation au nom du Président des Etats-Unis d’Amérique reconnaissant la bravoure et l’héroïsme des soldats Marocains et de l’Armée Française dans ledit conflit pour la libération de plusieurs localités Françaises, en particulier, ici la commune d’Héricourt, près de Belfort.
Comme me le faisait remarquer Bouchaib, cette citation donne droit au port de l’insigne « Distinguished Military Service », c’est cette distinction Américaine que son père, Mohamed Ben Lahcen, tirailleur à l’époque du conflit, a reçue.
Ce document fut signé par le Secrétaire d’Etat, Georges Marshall.
Page 2 du document
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Un petit compte-rendu de la randonnée « L’Echappée Bleue » qui eut lieu le Dimanche 29 mars sur la commune de Febvin-Palfart.
C’est à l’initiative de 2 associations du canton de Fauquembergues que l’on doit l’organisation de cette randonnée fantaisie ou plutôt fantaisiste, à savoir « La Brouette Bleue » (http://labrouettebleue.free.fr/) basée à Coyecques et « Par Monts et Vallées », association locale que l’on peut présente plus (http://www.parmontsetvallees.com/).
L’objectif de « La Brouette Bleue » est de promouvoir les arts et la culture en milieu rural, de faire bouger, de mobiliser, même s’il est parfois difficile de changer les mentalités dans les villages.
Le fil conducteur de l’association consiste à aller vers les gens, de toutes les générations, de tous les milieux socioprofessionnels, à susciter, provoquer, réveiller chez eux des talents insoupçonnés ou peut-être tout simplement des talents en léthargie…
En chacun de nous sommeille un artiste en puissance. A chacun de nous de le réveiller, aidés par cette association.
Enfin, ce que je dis là, n’engage que moi. C’est ce que j’ai pu ressentir lors de cette manifestation.
Ce compte-rendu fait suite aux commentaires que j’ai pu entendre par-ci par-là des randonneurs, suite au visionnage de France 3 ayant couvert l’évènement et suite aux films tournés par des amateurs.
C’est ainsi que 2 randonnées furent proposées (identiques) l’une à 9h45, l’autre à 15h, ouvertes à tous, de tous les âges ; la distance parcourue étant relativement courte (3- 4km).
Cette manifestation était le point d’orgue d’un projet qui s’est étalé sur plusieurs mois sur le thème des « Chapeaux et Paysages » et qui a fait participer d’une part les enfants des écoles qui ont confectionné des Chapeaux à l’aide d’un plasticien, d’autre part les habitants de Febvin et des alentours qui étaient conviés à participer à un concours de brouettes déguisées après une parade dans la cour de l’école.
Carte blanche, place à l’imagination, tous les délires étaient permis pour rendre une brouette aussi drôle que possible.
Un clic sur les photos pour les agrandir.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Imaginez un pédi-train, un train qui ne fonctionne pas au charbon ou à l’électricité mais simplement à la force des jambes des voyageurs.
Avant cela, les voyageurs devaient prendre leur billet au guichet de la gare, au centre du village. Les chefs de gare eurent beaucoup de travail pour poinçonner les 100 billets du matin et les 150 de l’après-midi.
Au coup de sifflet d’Auguste, chef de gare principal, le convoi s’en alla pour un voyage au travers de Febvin-Palfart, à la rencontre de personnages, d’objets loufoques, insolites, de brouettes décorées, de chapeaux accrochés par-ci par-là sur des haies, sur des porches.
En guise de locomotive, une brouette « Micheline » actionnée par le conducteur Hugues grimé de traces noires charbonnières (et pourtant actionnée à la force des jambes !!!) et munie d’un klaxon retentissant : pouet… pouet.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Un premier arrêt en gare « Ferme de Claude » pour y découvrir des portails insolites fabriqués avec des matériaux de récupération, anciennes roues de charrues et autres engins agricoles, en particulier la magnifique barrière de passage à niveau, ouvrage créé par Claude qui a brûlé ses T-shirts à force de souder, dessouder et ressouder (cf article « La machine à remonter le temps » dans la rubrique Humour).
Cet arrêt fut l’occasion de visiter l’ancien four à pain qui a été remis en fonction pour l’occasion avec confection de pains et tartes au libouli ou à gros bords typiques de la région Nord-Pas-de-Calais.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Le train se remit en marche pour s’arrêter quelques centaines de mètres plus loin à la Gare de Champêtre où une fée-magicienne a fait participer le public et prêté sa baguette magique pour faire sortir des mots miraculeux cachés dans des chapeaux en liberté.
Le conducteur dut être très vigilant car différents panneaux ponctuaient le parcours du style « Traversée de brouettes », « Traversée de Chapeaux », « Sortie de Chapeaux ».
A la Chapelle Sainte-Berthe, des dessins étaient accrochés et des enfants déguisés en lutins, surplombant l’assistance, du haut des marches de la chapelle, se sont exercés à l’art de la diction et de la récitation en proclamant des poèmes.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Les voyageurs remontèrent dans le train pour descendre le chemin de Sainte-Berthe, en passant à proximité de la source du Puits sans Fond où des lecteurs de journaux firent des annonces pour une recherche urgente de brouettes.
Un peu plus loin, un récital de musique classique fut présenté dans le hall d’une autre gare. Aux violons, Cécile et sa fille.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Pouet-Pouet…
La locomotive-brouette rappela ses troupes avant le passage dans la ruelle aux Loups. Les voyageurs furent invités à se tenir entre deux rubalises protectrices, afin de se protéger d'éventuels prédateurs pouvant encore circuler sur les chemins, tels des détrousseurs ou des bandits de grands chemins munis de grosses canines.
Puis ce fut un arrêt à la Gare « Jardin idyllique », où Gaston, en hôte, invita les voyageurs à pénétrer dans son Eden, même si l’accueil pouvait laisser à désirer.
Bah, oui, il n’y avait qu’à lire le panneau accroché au portail : « Camarade, tu prends des risques en pénétrant dans cet havre de paix – Danger – Pièges à Fauxcons ».
Pas de risques, ce fut au son de « Oyez, Oyez, Braves Gens, entrez découvrir ce jardin, cet havre de paix, ce lopin de terre qui m’a été transmis par mes parents » que Gaston se tint à l’entrée de son jardin.
Après quoi Gaston enchaîna avec la fable de Jean de La Fontaine, « Le laboureur et ses enfants ».
Travaillez, prenez de la peine, c’est le fonds qui manque le moins… Le travail est un trésor…
Pendant que Gaston déclamait ses vers, les spectateurs eurent tout le loisir de contempler le couple d’épouvantails ayant élu domicile dans son jardin.
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Alors qu’il se reposait de son exercice d’éloquence, Gaston se fit agresser par un personnage sorti de nulle part ou plutôt sorti du temps passé.
Il n’y avait qu’à voir sa tenue vestimentaire pour s’en rendre compte. Cette dame, puisqu’il s’agissait bien d’une femme, bondit, telle une furie, sur Gaston en lui reprochant, selon ses propos articulés dans le dialecte local :
« Ouis, ouais, té t’arposes ‘cor, té féro gramint miueux d’aller travailler din tin gardin au lieu ed’raconter des cacoules à ches gins ».
Un sacré ménache !!! A l’image des « épeutnars » présents (cf article « Les épouvantails » dans la rubrique Humour).
Publié le 01/05/2009 à 12:00 par chlinfernal
Après la présentation du couple d’épouvantails, Gaston fit découvrir à l’assistance en délire un autre personnage du village qu’il fallait absolument connaître : la Dame aux Chapeaux.
Alors que Gaston lisait un poème, cette femme mystérieuse se mit à déambuler à travers la foule ici réunie :
« Elle portait des p’tits chapeaux
Tous les jours, un peu plus haut
Sur la tête, posé
Tous les jours, elle changeait
De toile blanche ou de paille
Pas un qui ne lui aille
De popeline, de soie moirée,
Préservait ses boucles dorées
De bon matin par tous les temps
Saluait tous les habitants.
D’un petit signe de la main
Déambulait dans tout Febvin
Le sourire toujours charmant
Tous les jours par tous les temps
D’un pas éthéré et déterminé
Sur les sentiers se promenait
Elle était un grand mystère
Pour les habitants de cette terre
Qui la regardaient, bouche bée
Passer et encore repasser
Mais où allait-elle donc si tôt ?
Revêtue de ses p’tits chapeaux
Mais que faisait-elle si tôt ?
Travaillait-elle du chapeau ?
Mais surtout pourquoi
Ne parlait-elle pas ?
Était-elle muette ?
La jolie damette.
Ses p’tits chapeaux, elle les portait
Sur les sentiers, se promenait
Devant l’interrogation
Et devant tant de questions
Un beau jour
Sans détour
Elle décida
De leur parler
Mieux que cela
Se dévoiler »
Pour le plus grand plaisir du public, cette Febvinoise se dévoila, coiffée de ses multiples chapeaux, n’hésitant pas à en coiffer la tête des spectateurs.
« Mes bibis et moi
On provoque des émois
On fait parfois la quête
On fait souvent la fête
Et moi, je m’entête
Mes bibis, j’aime les mettre
Qu’il vente, qu’il grêle
Qu’il pleuve, qu’il neige
Ils m'abritent
Et j’en profite
Elégante
Et pimpante
Dans le froid
Je tournoie
Chapeau de paille
Où que j’aille
Chapeau à plume
Soleil ou brume
Chapeau à fleurs
Si bonne humeur
Casquette, feutre, béret
Sur ma tête, perchés,
Bonnet et turban de soie
Encadrent mon joli minois »
Cette surprise improvisée par les habitants de Febvin, à l’insu de l’organisation, fit prendre un peu de retard au convoi ferroviaire. Mais apparemment, cet intermède n’a pas fait dérailler le train !